A notre camarade Bernard Pensiot

Bernard Pensiot avait pris sa retraite dans l’Ain et militait à la Coordination des Libertaires de l’Ain depuis plusieurs années.

Bernard Pensiot, militant anarchiste de longue date, est décédé ce dimanche 6 mai 2018 d’une crise cardiaque.
Bernard avait 20 ans en Mai 1968.

C’est en 1971 qu’il adhère au groupe Louise Michel de la Fédération Anarchiste après avoir acheté le Monde libertaire à la criée sur le boulevard St.Germain. Le début d’un long et profond engagement.

Maçon de profession, il part finalement s’installer à Perpignan en septembre 73 afin d’apporter son soutien à « l’espagne libertaire » en ces années de fin de franquisme tout en étant délégué syndical dans une entreprise du bâtiment où il travaille.
Avec les militants de Frente libertario, il participe à différents réseaux de passeurs à travers les Pyrénées. Des tracts, de l’argent, des armes, des femmes et des hommes. Dans un sens et dans l’autre, organisant notamment l’accueil des réfugiés et militant-e-s à Perpignan et dans sa région.

Cet engagement et cette solidarité lui a valu d’être arrêté à Barcelone en 1978 lors de la période dite de « transition démocratique », période où il était nécessaire de criminaliser la CNT, ses soutiens et le mouvement libertaire en général.
Bernard passe alors sans aucun procès huit mois derrière les barreaux à La Modelo. Il participa à une mutinerie avec « autogestion » de la taule durant 15 jours (!) ainsi que deux tentatives d’évasion, dont l’une où il contribua grandement au creusement d’un tunnel, avant d’être libéré et expulsé en France suite à une grève de la faim de 28 jours.
De retour sur Perpignan, il participe à toutes les luttes libertaires des années 70, syndicalisme avec un syndicat d’intérimaire du bâtiment, antimilitarisme, féminisme, radio pirate et lutte contre le nucléaire qui le mena à la grande manifestation sur le site de Creys-Malville.

En 1986, il décide avec sa compagne Nicole de venir s’installer à Lyon suite à la possibilité de profiter d’une formation de mettreur dans le bâtiment.
Il adhère rapidement au CUL (Collectif Utilitaire Lyonnais) au 44, rue Burdeau de la Croix-Rousse, quartier où il s’installe. Il participe aussi au comité de soutien aux insoumis, aux mobilisations contre la visite du Pape Jean-Paul II et puis au mouvement des squatt de la Croix-rousse.

En 1990, Bernard décide de rejoindre le groupe de la Fédération anarchiste tout fraichement créée. Cette adhésion occupera la très grande partie de son activité militante, autour notamment de la librairie la Plume noire, rue Pierre Blanc tout d’abord puis rue Rivet puis de nouveau rue Pierre Blanc de 1993 à 2010. Durant ces années il participe pleinement à la vie militante des groupes de l’Union locale de la FA mais aussi à son émission Idées noires sur Radio Canut, tous les mercredi durant près de 15 ans. A la fin des années 90 il est aussi durant deux ans mandaté au comité de rédaction du Monde libertaire alors hebdomadaire.

En 2003, il fut un des éléments moteurs du groupe militant qui organisa la contestation contre la tenue du G8 à Evian en participant à la coordination anti-autoritaire CLAAAC et du village alternatif VAAAG à Annemasse.

En juin 2004, il quitte la FA dans le cadre d’une démission collective des groupes de Lyon puis adhère quelques années à la Coordination des Groupes Anarchistes (CGA) avant de prendre sa retraite professionnelle vers 2010 et de se retirer dans l’Ain dans sa maison de l’Abergement-de-varey où il expérimenta une certaine forme de municipalisme libertaire en participant au conseil municipal de son village d’un peu moins de 200 habitants.
Jusqu’à ce jour il resta néanmoins président de l’association La Plume noire et participait à la Coordination Libertaire de l’Ain (CLA) et au collectif Les Joyeux.

Aujourd’hui, c’est un pan entier de l’histoire militante de beaucoup d’entre nous qui se tourne.
Nous adressons tout notre soutien à Nicole sa compagne et à Marina la fille de cette dernière qui a grandi aux côtés de Bernard.
Bernard aimait le bon vin, la convivialité, le débat par dessus tout et les lumières d’espoir en un autre futur qui brillent dans les yeux.

On t’oubliera pas.

Ses camarades de La Plume noire.

 

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